Middlebury Language Schools

 

Conférences 2006

(Cliquez sur le nom du conférencier ou de la conférencière pour visionner la présentation enregistrée)


Pierre-François MOURIER
Maître des requêtes au Conseil d'Etat et conseiller à la présidence de la République.
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure (rue d'Ulm), agrégé de lettres classiques.
19 juillet 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« L'esclavage et les conflits de la mémoire: rapports entre l'histoire et la politique »

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Tierno MONÉNEMBO
Ecrivain
20 juillet 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« Peut-on écrire le génocide ? »

Les plus beaux drames se jouent sur scène.  Le drame est un luxe que seul le théâtre peut se permettre (avec ses machinistes, ses magiciens du vers et de la prose, ses acteurs de rêve et ses somptueux  costumes).  La réalité est un triste décor  et les vivants, ma foi, de fort médiocres acteurs. La vie ? Une œuvre banale, dans laquelle les intrigues sont sans génie, les dialogues poussifs et les souffrances bien ordinaires. L’histoire, la vraie, n’aura jamais son Shakespeare. C’est ce que je me suis dit en venant pour la première fois au Rwanda. J‘ai visité des dizaines de sites du génocide (ces sanctuaires de fortune où sont entassés les crânes et les ossements des victimes) et discuté avec des centaines de rescapés, pensant naïvement y trouver le roman que j’étais venu chercher. Au lieu de m’inspirer, le spectre du génocide rwandais m’a littéralement coupé le souffle. Pour la première fois, j’ai réalisé l’impuissance de l’écrivain devant la brutalité de l’histoire. Pour la première fois, j’ai mesuré l’abyssale  distance qui sépare  le journaliste et le romancier. Et je me suis dit : le génocide, pourquoi pas, malgré la nausée et le tournis, à condition que ce soit tout, tout sauf du reportage.

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Tierno MONÉNEMBO
Ecrivain
27 juillet 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« Y a-t-il une France noire ? »

Au début des années 80, avec la marche des jeunes Beurs et les troubles de Vénissieux et de Vaux- en Vélin, la France se retrouva soudain devant un tout nouveau problème : celui de sa nouvelle identité. Est-elle seulement gauloise et latine ou bien aussi un peu arabe ? Aujourd’hui avec les émeutes de Clichy- sous- Bois, et les  remous générés par le CPE, elle se demande si elle n’est pas aussi noire. La France, noire ? La surprise -si surprise, il y a,  ne viendrait pas de la question elle- même mais du retard que l’on a pris à la poser. Car la France, comme la plupart des pays européns a une longue et tragique histoire avec le monde noir. Le Congo, le Dahomey, le Sénégal ! Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe… ! Avec les indépendances en 1960, on pensait que ces liens allaient se distendre. Mais le flux de plus en plus grandissant de l’immigration  malgré son interdiction officielle, et l’émergence de véritables cités « black » autour de Paris et de Marseille prouvent à suffisance le contraire : ces liens ne se sont  pas distendus mais se sont  plutôt élargis et compliqués alors que l’Afrique se disloque sous l’effet d’une décolonisation bâclée et que la bonne vieille citoyenneté française conçue par les philosophes des lumières est rudement confrontée à des moeurs venues d’ailleurs.

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TABLE RONDE avec W. Poulin-Deltour, P-F. Mourier, C. Lagier, D. Agostini, et T. Monénembo
28 juillet 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« Multiculturalisme et identité nationale »

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Edward KNOX
College Professor Emeritus, Middlebury College; Ph.D. in French, Yale University
1 août 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« The American Vertigo : Un portrait impossible de l'Amérique ? »

Dans sa conférence, le Professeur Edward Knox voudra commencer une réflexion sur ce que c’est que d’écrire sur une autre culture, et de lire ce qu’un autre a dit de la sienne. Il prendra comme exemples l’American Vertigo de B-H. Lévy (2006) et le compte rendu qui en a été fait dans le New York Times. Il nous signale qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu ces textes pour suivre la présentation.

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Roger LAUVERJAT
Maître de conférence honoraire de littéraire comparée, Université de Perpignan; Agrégation de lettres modernes
3 août 2006, 16h00-17h30, au Grand Salon du Château
« Le Phénomène Houellebecq »
 
Lancé à grand renfort de publicité et annoncé  plusieurs mois avant sa sortie en librairie comme l’événement littéraire de l’année 2005,  le dernier roman de Michel Houellebecq – La Possibilité d’une île- a provoqué de vifs débats entre ses admirateurs et ses détracteurs. Au secours , Houellebecq revient ! s’écriait Eric Naulleau dans un savoureux pamphlet sorti en même temps que le roman alors que, dans Le Point le très sérieux et très classique académicien Marc Fumaroli  présentait Houellebecq comme l’héritier de Schopenhauer ! Avec le recul de quelques mois, loin du bruit et de la fureur 
médiatiques, nous pouvons maintenant tenter de porter un regard plus serein sur le  roman qui associe l’observation de la réalité contemporaine aux fantaisies de la science-fiction. Un événement littéraire ; certainement pas, mais un incontestable phénomène de société.

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Marie OUELLET
7 août 2006, 20h15-21h15, Château Grand Salon
« Textes et musiques du Quebec »

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Charles SALA
Professeur d’Histoire de l’art, Université de Paris X - Nanterre; Doctorat en Histoire de l’Art, Université de Paris X - Nanterre
8 août 2006, 16h30-17h30, Warner Hemicycle
« P.P. Rubens et le cycle de peintures pour Marie de Médicis : vérité historique, mensonges mythologiques, espace baroque »

Marie de Médicis, fille de François, Grand Duc de Toscane, épouse le 5 octobre 1600 Henri  IV à Lyon. Elle a 27 ans et le Roi 47. La Reine n’aime pas la résidence royale du Louvre, elle fera construire le Palais du Luxembourg en 1621 par Jacques de Brosse. Marie de Médicis a un entourage louche : Léonora Doni soupçonnée d’être sorcière et son époux, le cavalier Concini aventurier qui sera nommé par la reine Maréchal d’Ancre. Le 14 mai 1610 Henri IV est assassiné et après la proclamation de la Régence Marie de Médicis gouverne à la place de son fils Louis XIII qui n’a pas encore quatorze ans. En politique elle est très malhabile et conduit le pays vers le désastre : pendant les sept années de sa Régence 1610-1617 elle n’aura pas de politique intérieure ou extérieure positive et la France glisse au bord de la ruine. Concini est assassiné par ordre de Louis XIII, qui a dix sept ans, le 24 avril 1617.Marie de Médicis s’échappe de Paris et se réfugie au Château de Blois, ensuite, en 1619, elle s’échappe aussi de Blois pour rejoindre le Duc d’Epernon, chef des rebelles, opposés à son propre fils Louis XIII. Après des troubles graves et une guerre civile, en 1620 elle signe le traité d’Angoulême et la Paix d’Angers.  Marie de Médicis se réconcilie avec son fils, mais seulement après une série de défaites militaires. C’est dans la toile de fond de ces graves faits politiques que la reine confie à Pieter Paul Rubens en 1621 la tache de retracer sa vie de manière allégorique, ce qui est une décision d’une audace et d’un toupet surprenants. L’ensemble est destiné à décorer la grande Galerie du palais du Luxembourg. Rubens, un des plus grands peintres baroques d’Europe, est alors au sommet de sa gloire, Le cycle sera terminé en 1625 et il sera basé sur deux options majeures : la stricte vérité historique est écartée, le peintre sélectionne les évènements et l’ensemble mélange très adroitement réalité, allégorie et mythologie. Après plusieurs vicissitudes Marie de Médicis quitte définitivement Paris et meurt en exil  à Cologne en 1642. On a gardé d’elle un souvenir très mitigé, alors que les peintures de Rubens en son honneur ne  cessent d’intriguer les spectateurs.

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Nadine BISMUTH
Ecrivaine
10 août 2006, 15h30-17h00, au Grand Salon du Château
« Écrire au Québec en 2006 »