Middlebury Language Schools

 

Conférences 2008

Philippe FALARDEAU et Bruno BAZIN
le dimanche 6 juillet, 10h30-12h00, Warner Hemicycle

Congorama  

Michel est un inventeur belge. Fils d’un écrivain paralysé dont il s’occupe, marié à une Congolaise et père d’un enfant noir à qui il assure que coule dans ses veines le même sang que dans les veines de son père, il apprend à 41 ans qu’il est adopté. Il est né dans une grange au Québec à Sante-Cécile. À l’été 2000, Michel voyage au Québec pour y vendre une de ses inventions et se rend à Sainte-Cécile. Dans sa quête improbable d’une filiation sans trace apparente, il croise un homme au volant d’une voiture électrique hybride brevetée. Ils ont un accident qui changera leur vie.

Congorama a gagné le Prix Jutra de la meilleure réalisation et le Prix Jutra du meilleur scénario en 2007.
 


José PLIYA
le dimanche 13 juillet, 19h00-20h30, Warner Hemicycle

Un Césaire méconnu : le poète amoureux

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]
 
 
Alors que le grand poète martiniquais est mort le 17 avril dernier et que les hommages se multiplient, le caribéen d'adoption que je suis et qui a eu la chance de le rencontrer, a envie de partager avec vous un aspect méconnu de son oeuvre : l'amour et l'érotisme.
Insurection, rebellion, révolte sont des qualificatifs qui lui sont accolés, à juste titre, mais jusqu'à la caricature parfois. J'ai découvert en le relisant que l'homme aimait les femmes, passionnément, et que l'érotisme traversait son oeuvre de manière saisissante. 
Quoi de plus normal me direz-vous lorsque l'on se prénomme Aimé?"


Charles SALA
le mardi 15 juillet, 20h00-21h30, Warner Hemicycle

Gustave Caillebotte et Edward Hopper : espace urbain, nature et classes sociales

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

Lorsqu’on approche l’iconographie de ces deux artistes, on ne se rend pas compte assez vite d’une évidence : il s’agit de deux peintres que tout sembler éloigner : culture, nature, vécu de la ville, formation picturale.  Pourtant leurs réactions visuelles par rapport à l’urbanisme de New York (1920-1930) et de Paris (Haussmann 1852-1870), induisent des comparaisons pertinentes, voire des questionnements stimulants.
Hopper refuse obstinément la verticalité new-yorkaise alors que Caillebotte est un fervent partisan de la restructuration urbaine de Napoléon III.  Hopper est le créateur de nudités étonnamment négatives alors que les nus féminins de Caillebotte laissent transpirer une sensualité patente.  Toutefois c’est dans la conception de l’espace et des classes sociales qui l’habitent que les deux démarches convergent.
Les villes d’Hopper et de Caillebotte sont caractérisées par le silence, la solitude positive et par l’incommunicabilité volontaire.  Les personnages de Caillebotte –bourgeois, petits bourgeois et ouvriers-manifestent une discrétion incontestable et glissent dans la nouvelle ville sans pouvoir imaginer se rencontrer.  Les noctambules d’Hopper, ces jeunes femmes seules dans un café « automatique » ne semblent devoir jamais rencontrer âme qui vive, dans le noir profond qui les entoure.  Toutefois, tous témoignent de l’efficacité redoutable de cette mélancolie positive qui s’était manifestée dans la peinture allemande du début du dix-huitième siècle.


Thierry LETERRE
le dimanche 20 juillet, 19h00-20h30, Warner Hemicycle

Américain/es et Français/es dans leur sphère privée : distances et similarités culturelles 
(ou : pourquoi votre invité français peut se laisser mourir de faim devant votre réfrigérateur plein)

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

A partir des interactions personnelles dans un lieu privilégié, la cuisine, on peut voir comment le sens de la sphère privée, très différent aux Etats-Unis et en France, permet d’esquisser une description des attitudes « culturelles » dans les rapports humains au sein des deux nations. La façon dont Français/es et Américain/es se croisent, se parlent, mangent ou non, comment on considère la maison et la maisonnée dans les deux cas… et quelle utilisation l’on fait du réfrigérateur sont des indicateurs particulièrement intéressants. Au fil de ce voyage au sein de deux cultures, où Rory Gilmore croisera Tocqueville, et Hannah Arendt, Jacques Chirac, on visitera similitudes et divergences culturelles dans une découverte des intimités comme des rôles publics.


Alex FANCY
le vendredi 25 juillet, 19h00-20h30, Warner Hemicycle

  Merde ! Qu’est-ce que le théâtre peut nous apprendre sur l’enseignement et l’apprentissage ?

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

L’enseignant est un acteur qui souhaite devenir spectateur dans les plus brefs délais, alors que l’étudiant est un spectateur qui rêve, ou rêvera, de devenir acteur : métaphore à interroger  ici, dans l’Ecole française de Middlebury College, paradis de la pédagogie.
Je vous proposerai, en premier lieu, un très bref regard sur ma découverte du théâtre qui interroge l’enseignement, puis une confrontation des dynamiques théâtrale et pédagogique, réflexion à trois volets : exposition, continuité et dénouement.  Ceci nous aura permis d’apprécier le caractère ‘pré-figuratif’ - je m’inspire de Gramsci - de l’institution que nous appelons éducation et qui encadre les acteurs / actants de demain.  


Roger LAUVERJAT
le lundi 28 juillet, 19h00-20h30, Warner Hemicycle

CAMUS ET LA MEDITERRANEE

Une réécriture des mythes grecs : Sisyphe, Prométhée, Némésis  et quelques autres

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

Né en 1913 à Mondovi en Algérie, Camus est demeuré toute sa vie fidèle au monde de « pauvreté et de lumière »  de son enfance ; là est la véritable source de sa sensibilité et de sa pensée : « la pauvreté, d'abord n'a jamais été un malheur pour moi, la lumière y répandait ses richesses ».  Camus est avant tout  un fils de la Terre , de la Mer et du Soleil. C'est cette « patrie de son âme » qu'il célèbre dans Noces à Tipasa : «  La brise est fraîche et le ciel est bleu. J'aime cette vie avec abandon  et veux en parler avec liberté : elle me donne l'orgueil de ma condition d'homme. »
Si les références aux mythes grecs sont à peu près absentes de ses premiers textes- L'Envers et l'endroit (1936), Noces (1938) - elles domineront en revanche l¹inspiration des œuvres de sa maturité et ne feront que renforcer sa fidélité à ses origines et à son sol natal.  Il fera de Sisyphe le héros emblématique de l'Absurde (Le Mythe de Sisiphe, 1942) Prométhée incarnera  la Révolte ( L'Homme révolté, 1951)  Némésis devait être la troisième figure mythique dominante de sa pensée ; l'écrivain voyait en elle la déesse de la Mesure, mais le troisième volet de ce triptyque n'est qu'à peine ébauché, la mort ayant frappé l'écrivain en 1960.
Le Panthéon camusien ne se limite pas à ces trois figures mythiques majeures : Dionysos, Déméter, Pandore, Oedipe , Minotaure, Hélène, Ulysse l'accompagneront tout au long de sa vie. Camus, comme Platon a recours au mythe pour dépasser la démonstration logique par le récit  et par l'image : « On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans. »  écrivait Camus dans ses Carnets alors qu'il n'avait  qu'une vingtaine d'années.  Les mythes grecs et ses racines algériennes se rejoignent pour affirmer sa foi en « un invincible été » : la « pensée de midi » est aussi une pensée du midi !


Tierno MONENEMBO
le mercredi 30 juillet, Château Grand Salon

Le Roi de Kahel , son dernier roman (paru le 30 avril 2008)

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

 

Le Roi de Kahel, c'est l'histoire d'Olivier de Sanderval, né lyonnais et insomniaque, devenu vicomte portugais puis, seigneur peul. A vingt ans, il se casse le fémur en testant un parachute de son invention. A vingt- deux ans, il invente la roue à moyeux suspendus (vous savez, la femme roue à rayons indispensable à nos chères bicyclettes). A vingt- cinq ans, avec son ami Michaux, il construit la première usine de bicyclettes de l'Histoire...Puis, il se rend compte qu'il va bientôt avoir quarante ans et qu’il est temps d'aller en Afrique se tailler un royaume (un grand empire africain peuplé de Noirs et de Blancs, il y rêve depuis sa plus tendre enfance). Après moult péripéties, il parvient au Fouta- Djalon (dans la Guinée actuelle) et convainc le roi de ce pays peul de lui concéder le plateau de Kahel. Certes, Kahel et ses 20 km de longueur ressemble plus à Lilliput qu’à la Russie des tsars. Mais  il aura son armée (3 000 soldats) et sa propre monnaie (le kahel), encore aujourd'hui, très bien cotée sur le marché des collectionneurs. .. 



John RIGGS

le mardi 5 août, Château Grand Salon

Le parcours professionnel en France d’un ancien étudiant de l’Ecole française

[Cliquez ici pour voir le vidéo de la conférence]

Le 5 août prochain, John Riggs, ancien étudiant de l’Ecole Française de Middlebury, partagera avec nous son expérience en France en tant qu’Avocat (32 ans) puis Président de l’Hôpital Américain de Paris (3 ans). Il abordera notamment le rôle de la langue française, pour un étranger, dans la pénétration tant du monde des affaires que des milieux juridiques et médicaux en France, ainsi que dans la compréhension de la culture française. Il citera des exemples concrets. Il répondra ensuite à nos questions